Bienvenue à la grotte des Perrats

La grotte des Perrats à travers les âges

Par manque de temps, les résultats des 18 années de fouille et les différentes occupations de la grotte ne sont pour l'instant présentés que très succinctement. Cette page en particulier sera étoffée dans les mois à venir ; vous en serez prévenus.

La stratigraphie de la grotte des Perrats, l'une des plus importantes stratigraphies postpaléolithiques de la France de l'Ouest, reflète plus de 8000 ans d'occupation. Le niveau le plus ancien (connu) date du Mésolithique et le plus récent du Moyen-Âge classique.

Le Mésolithique

Le niveau mésolithique n’est connu que dans la zone du porche. Il est d’ailleurs probable que ce qui en a été fouillé ne correspond pas au lieu de séjour principal, qui devait se situer plutôt immédiatement sous l’auvent, voire en avant de ce dernier, mais à une zone de rejet plus ou moins perturbée. Ce niveau a livré un ensemble d’ossements humains appartenant à huit individus au moins, cinq adultes et trois enfants, retrouvés mélangés à des restes animaux. Ces ossements ont fait l’objet d’une étude exhaustive qui montre, en particulier, l’existence d’une fracturation intentionnelle sélective associée à une découpe étendue des parties molles, dont l’explication la plus plausible est celle de la pratique du cannibalisme.

Le Néolithique

Pour le Néolithique, la fouille de l'intérieur de la cavité n’a livré que quelques aires de combustion, ainsi que des nappes de matériaux rubéfiés mêlés de charbons, en plusieurs points de la salle principale et dans la galerie R. Balloux. Les matériels retrouvés et les analyses 14C indiquent une datation au Néolithique moyen, avec au moins deux phases d’occupation : la première au cours de la première moitié du Ve millénaire av. J.-C. et la seconde dans le troisième tiers du même millénaire. En outre, proviennent de la zone du porche quelques restes humains, malheureusement sans artefact associé, qui ont été datés par le radiocarbone de la seconde moitié du IVe millénaire av. J.-C.

La découverte inattendue dans la zone d'entrée, en 2004, d'une sépulture plurielle datée vers 4000 av. J.-C., vient compléter ce tableau et apporte des informations importantes pour l'étude des pratiques funéraires dans le Centre-Ouest pendant le Néolithique moyen.

L'Âge du Bronze

Le Bronze ancien

Au Bronze ancien, la grotte fut exclusivement utilisée comme sépulture collective, selon des modalités relativement complexes. L’espace funéraire ne se présente pas de façon homogène. Il comporte deux zones riches en ossements, situées de part et d’autre de la salle principale, séparées par un large espace à peu près dépourvu de restes humains, qui s’étend dans le prolongement de la galerie Balloux. Dans les zones à ossements, les restes humains étaient disséminés sans organisation apparente et sans liaison observable, mêlés à des ossements animaux et aux différents matériels. Cependant, l’étude de la répartition de ces restes montre l’existence d’un tri sélectif des ossements, ayant porté sur l’extrémité céphalique et deux des os les plus gros du squelette postcrânien, humérus et fémurs, qui ont été regroupés dans la partie de la grotte située vers le porche. À ces manipulations d’ossements réalisées en fonction d’un zonage fonctionnel, peut être mise en parallèle l’existence de plusieurs traces de découpe sur les os, qui viennent ainsi documenter les interventions sur le cadavre dans le cadre des pratiques funéraires. Enfin, plusieurs structures mieux individualisées ont pu être mises en évidence. Elles se présentaient comme des dépressions du sol où prédominaient les restes humains et qui, pour la plupart, montraient des indices d’aménagement volontaire, dont dans un cas des traces de cloisonnement.

Le Bronze moyen

Au Bronze moyen, deux types d’occupation ont été reconnus. Tout d’abord, de nouveau une occupation funéraire, dans la salle latérale est. Malheureusement, les dépôts osseux y avaient subi des remaniements importants et il n’y a que peu d’informations concernant leur modalité de mise en place. Cette occupation peut être attribuée à une phase ancienne du Bronze moyen.

La salle principale n’a, par contre, livré que des structures d’habitat qui correspondent à au moins quatre étapes d’occupation. L’étape ancienne, attribuée à la période B de Reinecke, est caractérisée par la présence de nombreuses traces d’aménagements, planchers ou coffrages, fosses, aires à pieux de bois, et d’une quantité importante de vases-silo, qui témoignent d’activités de stockage. À cette étape peuvent également être attribués plusieurs éléments de harnachement de cheval en bois de cerf. Les deux étapes intermédiaires sont peu caractéristiques. Dans la zone du porche, les niveaux correspondants ont cependant révélé des structures de cloisonnement, peut-être en rapport avec une fermeture. Quant à la phase d’occupation la plus récente, elle est marquée par l’activité métallurgique : un moule bivalve ainsi que plusieurs pièces en bronze brutes de fonte ou semblant brisées ou récupérées pour la refonte ont été retrouvées, notamment dans la zone du porche.

Le Bronze final

Le Bronze final IIa n’est présent que dans la salle principale. La faible puissance de la couche archéologique lui correspondant et la petite quantité de mobilier recueillie indiquent une occupation courte ou des fréquentations de temps limité.

Au Bronze final IIIb sont attribuables une importante série céramique, au sein de laquelle on note en particulier la présence d’au moins deux écuelles à signes gravés, et un grand nombre d’éléments métalliques.

Le deuxième Âge du Fer

La Tène ancienne

Le casque...

Les niveaux de La Tène ancienne de l'intérieur de la grotte n’ont livré que peu de matériels, mais dont la composition est rien moins qu’exceptionnelle. Il s’agit tout d’abord du casque du IVe siècle av. J.-C., dont les différentes pièces furent toutefois retrouvées dans des conditions imparfaites, dans des zones remaniées, de sorte que les modalités précises de son dépôt originel nous demeurent inconnues. Par ailleurs, le matériel comprend un ensemble de céramiques, dont certaines peintes, une fibule en bronze du type de Dux, les restes de deux fibules en fer, et un demi-anneau creux en bronze appartenant à un système de suspension de fourreau d’épée. L'analyse de ces matériels et de leur condition de dépôt a conduit très tôt à conférer à la fréquentation du site à cette époque un caractère religieux.

En 2004, et surtout en 2005, les fouilles de l'entrée ont apporté de nouvelles informations tout à fait fondamentales pour la compréhension du fonctionnement du sanctuaire à La Tène ancienne. À cette époque, le début de l’occupation est marqué par un important aménagement de l'avant-grotte, consistant en un nivellement général du dôme de dépôt de pente : les terres – y compris les niveaux d’occupation antérieurs – sont enlevées sur trente à cinquante centimètres d’épaisseur et sur quasiment toute la largeur du porche. Surtout, dans la partie antérieure de la plateforme ainsi constituée, environ 3,60 m en avant de l’auvent originel, un fossé est creusé. Fouillé sur une longueur d’environ 5 m, il s’étend probablement d’une paroi à une autre, fermant ainsi complètement l’accès à la cavité. Pour l’instant, il n’est pas possible de dire à quelle époque précise ce fossé fut creusé, ni de préciser son fonctionnement, si ce n’est qu’il dut rester ouvert. Son comblement est, par contre, mieux connu, qui s’apparente d’ailleurs à une véritable condamnation. Plusieurs arguments permettent d'ailleurs d’affirmer que celle-ci fut très rapide et s’effectua en une seule opération. C'est au cours de cette condamnation que furent déposés plusieurs pièces d'armement en fer, la plus remarquable étant une épée complète, et un important ensemble céramique, qui sont datables de La Tène B2 ou du début de La Tène C1 (Ca. 250 av. J.-C.).

Le caractère exceptionnel des aménagements reconnus dans l’avant-grotte à Agris, qui semblent encore inconnus ailleurs en Europe, font du site une nouvelle référence nationale pour l'étude des lieux de culte de l'Âge du Fer.

La Tène moyenne

À La Tène moyenne, la fonction religieuse de la grotte se poursuit, mais selon des modalités tout à fait différentes. Les installations du sanctuaire sont alors uniquement présentes dans la cavité.Dans l’entrée, une plateforme est aménagée sur toute la largeur du porche et sur environ 4 m de profondeur, à la limite de la partie couverte, par creusement des niveaux d’occupation antérieurs et des dépôts périglaciaires. À l’avant de cette plateforme, à l’aplomb de la limite de l’auvent, un mur de torchis est installé, qui s’étend d’une paroi à l’autre de la grotte et en ferme donc complètement l’entrée, sauf dans la partie médiane où une fermeture amovible est probablement installée. Les mobiliers retrouvés, céramiques et outils en fer, montrent également un changement notable des pratiques, qui se poursuivent sans doute jusqu'au début de La Tène finale (~ 150-100 av. J.-C.).

La période gallo-romaine

Au cours de la période gallo-romaine, la grotte des Perrats a également connu une fréquentation, mais qui semble n’avoir été qu’épisodique si l’on en juge par la rareté du mobilier.

Le Moyen-Âge

La grotte fut fréquentée ou utilisée à divers moments du Moyen-Âge.

La phase la plus ancienne n’est illustrée que par quelques objets datables principalement de la fin de l'époque mérovingienne (Ca. 750 ap. J.-C.). La nature de cette occupation, caractérisée par la présence de parures assez élaborées, de quelques pièces de luxe et l'abondance du verre, reste difficile à déterminer.

Une occupation beaucoup plus structurée se révèle aux Xe-XIe s. La grotte est alors complètement aménagée et la fouille de l'entrée a révélé l'existence d'une fermeture du porche avec un couloir d'accès. L'abondant mobilier retrouvé pour cette période atteste la présence de cavaliers armés, dont l'interprétation est elle aussi problématique. Sans doute alors l'installation sur le site était-elle liée au contrôle du massif forestier qui l'entourait.

Enfin, quelques éléments matériels et l'existence d'une palissade en avant de la grotte montrent que celle-ci fut encore occupée au Moyen-Âge classique. Quelques passages y sont encore attestés par la suite, entre le XIIIe s. et le début de l'époque moderne, date de l'effondrement du porche.